Le bon ton: du rire, pas que des larmes

Le-Sacre-de-BirmanieMaintenant que le sujet est bien posé, on va pouvoir déconner. Je pars du principe que le tabou c’est aussi ne pas avoir le droit d’en rire. Et moi, je suis complètement d’accord avec Charlie Chaplin « L’humour sauvegarde l’instinct de survie et préserve la santé d’esprit ». Il ne faut pas oublier que la grande souffrance peut mener à une forme de folie, et à priori, avec la mort d’un enfant né ou à naître, je pense qu’on a déjà pris bien cher, on n’a pas besoin en plus de se mettre un séjour en hôpital psychiatrique ou une grave dépression. Le lien le plus court entre deux hommes reste encore le rire, et du lien quand on est bien triste, on en a besoin

Attention, je ne dis pas que c’est risible, je dis qu’il faut pouvoir en rire et savoir en rire. Bien sûr, c’est plus facile de faire les blagues quand on est concernés, ça passe toujours mieux, ça ne prête pas à une mauvaise interprétation.

Par exemple, la semaine dernière, je suis passée chez un ami et on a discuté du livre justement. Il me demandait comment se passait la promotion du livre. On en est venus à dire : « bon c’est sûr, c’est plus difficile de parler d’un livre sur le deuil périnatal que de vendre 50 shades of Gray pendant la Saint Valentin. C’est pas comme si on pouvait offrir le livre à toutes les nouvelles femmes enceintes… Et pourquoi pas en même temps? On ne va pas non plus arrêter de faire les consignes dans les avions pour éviter de faire peur aux passagers non (il faut imaginer la scène avec les mimiques des hôtesses)? Non, sinon il faudrait mettre des vidéos de petits chats, ça marche super bien, les chatons. Oui, mais alors des chatons morts ou en soins palliatifs?

C’est peut-être du tragi-comique mais moi je trouve ça comique. Et je finirais par une citation de Woody Allen : « J’aimerais terminer sur un message d’espoir. Je n’en ai pas. En échange, est-ce que deux messages de désespoir vous iraient ? »

PS: j’ai écrit cet article un Vendredi et le Lundi, 3 jours après, notre chat est mort: ironie du sort ou synchronicité? Ima nous a fait une insuffisance rénal aigüe et, à son âge avancé, il n’y avait rien à faire. Pourtant, j’ai dû argumenter avec le vétérinaire pour ne pas l’euthanasier mais la mettre sous morphine afin de pouvoir la ramener à la maison pour mourir entourée d’affection et pas dans une cage aseptisée et finir dans une poubelle. Non, on l’a veillée, on l’a enterrée et on lui a fait un beau bouquet pour sa tombe. Ca peut paraître trop, mais c’est la première fois que mes enfants sont confrontés à un deuil et notre chatte était là avec eux depuis leur naissance. Voir la vie qui part et laisse un corps froid et rigide, se rendre compte que ce n’est pas contagieux – contrairement à ce que beaucoup de gens pensent – ça va les aider à ne pas avoir peur de la mort. La réalité est moins dramatique que le fantasme. D’ailleurs, nous devrions prendre exemple sur les enfants, ils ont beaucoup pleuré, ils ont eu du mal à réaliser qu’elle était morte – même quand elle ne respirait plus – et deux jours après, ça allait mieux. Nous, on va essayer de faire bonne figure, puis ça va durer des mois.

Mais, le plus beau dans tout ça, c’est qu’on a su, ensemble, respecter l’amour que l’on a eu pour cet animal, on a su vivre ensemble la tristesse, la souffrance. J’ai su leur apprendre que la douleur fait partie de la vie et que, ensemble, elle s’atténue. Et on a rit. Mon fils a dit: « J’aimerais trop qu’elle ressuscite Ima. En même temps, c’est bientôt Pâques, il l’a fait Jésus, lui! ».  

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