Ce n’est qu’une fausse couche

IMG_1567Ce n’est qu’une fausse couche.

Ca fait mal hein? Ca fait mal de le lire ou de l’entendre n’est ce-pas? Mais qu’est ce qui nous fait mal là dedans?

Est ce le terme « fausse », comme si tout cela n’avait pas existé, que c’était pour du faux. Est-ce le mépris du jugement de l’autre? Comment et qui peut-il bien être pour considérer à ma place que ce n’est que « ça »?

Je vais vous dire moi ce qui fait mal là dedans. Je vais vous dire ce que j’en pense de cette réduction facile qui apparaît au bout de quelques semaines ou quelques mois lorsque les gens veulent absolument que l’on passe à autre chose et que l’on aille de l’avant.

C’est leur peur de se mettre à notre place. Dites vous bien que toutes les personnes qui vont vous dire des propos maladroits ou blessants sont incapables d’imaginer la réalité de notre perte, de notre deuil. Car la majorité des personnes ont un deuil en eux qui n’a pas été totalement fait. Eux aussi ont été sermonnés de « ne pas se laisser aller ». Et pour des deuils auxquels on ne pense pas : leur premier animal de compagnie, une arrière grand-mère peu connue, leurs idées d’une vie réussie…

Oui, ils ont peur car beaucoup ne se sont pas autorisé à pleurer. Beaucoup ne sont que des arbres qu’il suffirait de secouer un peu pour en faire tomber toutes les larmes. Mais ceux-là n’ont pas eu la chance d’avoir une oreille attentive bienveillante qui accueille et respecte leurs émotions.

Alors, maintenant que vous n’avez plus rien à perdre, vous pouvez parler haut et fort et répondre à cela : « Non, ce n’est pas qu’une fausse couche. Pour moi, c’est bien plus que cela. C’est mon enfant que j’aime qui est décédé. Je dois à présent vivre le reste de mes jours sans lui, alors s’il te plaît, respecte ma peine et ne me juge pas. Je prendrai le temps qu’il me faut pour le pleurer, ce qui me permettra d’aller mieux par la suite. Cela m’obligera à tout remettre en question et m’éveillera à plus de tolérance et de sensibilité pour la peine des autres. A ce moment là, tu seras bien content de me trouver pour qu’à mon tour, je sois en mesure d’écouter tes blessures et les deuils que tu n’as pas eu la possibilité de faire. »

Bon, bien sûr, ça, c’est la théorie, en pratique vous pouvez aussi répondre : « Ce n’est que ma main qui va claquer ta joue un peu violemment » ou  « Wouaou, dis moi, toi? Toi, t’as au moins passé une thèse ou un master en poncifs à la con que j’dis quand je sais pas fermer ma grande gueule. » ou  « Oui, c’est une fausse couche si tu veux, c’est le terme que les gens comme toi aiment utiliser pour ne pas réaliser la douleur que c’est de perdre un enfant » et pour les moins bavards : « Et? Y’a écrit quelque part que pour une fausse couche c’est seulement un doliprane et c’est reparti? ».

Non, sans rigoler, ne laissez pas les autres dans leur déni, vous ne méritez pas ça après ce que vous avez vécu. Je suis de tout coeur avec vous.

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Une réflexion sur “Ce n’est qu’une fausse couche

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