La communauté

Il se crée une communauté qui cherche à aider les parents qui ont connu un deuil périnatal mais aussi à sensibiliser le grand public sur ce sujet.

La magie de l’écriture, c’est qu’elle soigne son auteur et permet parfois aussi de soigner son lecteur. C’est gagnant/gagnant.

C’est donc avec beaucoup d’admiration que je vous présente 3 initiatives de femmes généreuses et sensibles, qui vous proposent des textes inspirants et de qualité :

Un blog inspirant, poétique, riche, celui de Ioulia : Si mon histoire était contée

 

Un blog inspiré de son propre livre témoignage « Résilience »  – que j’ai lu d’une traite, tellement j’en ai apprécié la sincérité –  celui de Dorothée : Vivre jour après jour 

 

 

Un livre en construction , pour lequel j’ai déjà échangé plusieurs fois avec Hélène et qui m’a proposé de faire partie du comité de lecture (trop fière). Je suis tellement impatiente de lire les premières pages! Elle fait un vrai travail de fond en prenant le temps d’interviewer beaucoup de parents et sa démarche est de proposer suffisamment de ressources éprouvées afin que chacun(e) puisse trouver celle qui lui correspondra. En attendant le livre, Hélène poste régulièrement sur sa page Facebook : Helene Gerin Npuveau Livre 

Si vous connaissez d’autres initiatives qui, comme celles-ci sont inspirantes, merci de les partager avec nous dans la partie commentaires 🙂

PS : la première image vient du compte Instagram IHadMiscarriage de Jessica Zucker, je vous invite à y faire un tour aussi!

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Les ateliers de co-écriture

Comment mieux vivre son deuil, est-ce seulement possible? Comment se relever après un deuil, comment survivre et renaître alors que tout notre corps, tout notre coeur, nous dit que c’est impossible?

Je ne détiens aucune vérité, et je n’ai pas de solution miracle. Mais il y a cette découverte que j’ai faite il y a quelques mois de l’approche narrative collective. Le principe est de changer le regard. Une personne qui a vécu une épreuve de vie tel qu’un deuil périnatal, n’est pas une victime. C’est un héros. Seulement, tout autour d’elle lui dit le contraire et pour cela il faut lui permettre de devenir à nouveau actrice. Comment? En aidant la communauté par exemple. C’est ce que propose les ateliers de co-écriture.

Se souvenir, réaliser le chemin parcouru puis mettre en mot et offrir son expérience aux autres. C’est un cadeau magnifique fait à tous les parents qui cherchent des réponses et se sentent isolés.

Depuis la création de Nos météores, deux ateliers ont déjà eu lieu. Un sur le devenir du corps de l’accouchement aux obsèques et un sur l’Interruption Médicale de Grossesse.

Je vous invite à aller les lire, mais aussi à vous inscrire pour les prochains ateliers : la Mort Foetal In Utero et le retour au travail.

 

Jouons collectif

tarotQuand la médecine a commencé à devenir toute puissante, nous avons oublié que la mort faisait partie de la vie. Nous avons cherché une cause à tous les décès : « de quoi est-il mort? de vieillesse? de maladie? laquelle? il ne s’est pas fait soigner à temps? il n’a pas pris plusieurs avis?…» Il nous faut une raison, une justification. La mort est inacceptable, et si le médecin n’est pas responsable alors ce doit être le patient qui n’a pas bien pris son traitement ou qui n’a pas assez fait de yoga, de méditation, a trop bu, n’avait pas assez de volonté…

Je pense que nous vivons dans une société qui nous donne l’illusion que nous avons à disposition tous les moyens pour optimiser notre vie et notre bonheur alors que l’essentiel n’est pas satisfait.

Le lien humain. Ce qui fait de nous des humains.

De part mon histoire personnelle, j’ai beaucoup travaillé, beaucoup réfléchi sur la résilience suite à un traumatisme. L’analogie de tous les traumas, c’est l’isolement. Que le traumatisme provienne d’une guerre, d’un deuil périnatal, d’un viol, (…) ce qui revient c’est le sentiment d’isolement. La sensation que seuls ceux qui l’ont vécu peuvent comprendre et que les autres sont dans le déni de la souffrance éprouvée. Au delà de ne pas pouvoir entendre, ils ne veulent pas entendre.

Alors, les seules solutions que l’on trouve sur le chemin de la guérison pour trouver à nouveau sa place dans la société sont : « aller consulter » et « être médicamenté », le psychiatre ou l’anti-dépresseur.

Mais finalement, le traumatisme qui pèse le plus dans le temps, ce n’est pas l’évènement en lui-même, c’est la non reconnaissance de la part de la communauté, voir même le rejet de la communauté. La sensation de ne plus appartenir au groupe, à la société, parce que ce qu’on a vécu nous en a éjecté. On ne rentre plus dans les cases.

La solution se trouve dans le lien humain. Il faut redonner de la valeur aux rituels, en créer de nouveaux. Il faut croire en l’humain. A croire que seuls les psychologues ont les réponses, on n’écoute plus, on néglige la culture populaire et le pouvoir des chansons, des pièces de théâtres, de la danse, de la consolation… Je crois que ceux qui se sont relevés d’un traumatisme ont acquis un savoir de haute lutte qui a une valeur inestimable. Valoriser ces savoirs, les mettre à disposition des autres, a tout autant d’importance que le savoir médical. Quelles ressources sont-ils allés chercher pour se relever? Etaient-ce des ressources intérieures ou extérieures?

Il y a des épreuves qui vont générer en nous un sentiment de solitude qui est extrêmement angoissant mais aussi structurant. Ce gouffre qui sera creusé en nous, sera notre puit sans fond dans lequel nous irons chercher notre force pour faire que chaque minute compte, en ayant une conscience aigüe de notre finitude. La sensation d’isolement, elle, peut uniquement nous affaiblir.

On ne sait rien de la douleur de l’autre. On a tous en nous un chagrin qui aurait besoin d’être consolé. Jouons collectif. Lâchons nos masques, mettons nos savoirs en communs et rappelons nous qu’ensemble, nous avons toutes les cartes du jeu.

 

Le pouvoir des mots

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Ca va faire bientôt deux mois que je mûris ce que Jean-Pierre Sueur m’a dit. Depuis que je l’ai rencontré lors des assises du funéraire à Paris le 3 Octobre. Mr Sueur est un ancien député, ancien secrétaire d’état auprès du ministre de l’intérieur, ancien maître de conférence en linguistique française et actuel sénateur du Loiret (entre autres). Donc, quand je l’ai croisé, l’occasion était trop belle, j’en ai profité pour lui demander : « Pourquoi il n’existe pas de mot pour définir les parents dont l’enfant est décédé, que ce soit pendant la grossesse, à la naissance ou après? Comment l’expliquez-vous? Pourquoi l’Etat ne fait rien, pourquoi, pourquoi, POURQUOI?« .

Et là, il m’a donné LA réponse que je digère encore : « J’y ai beaucoup réfléchi. On m’a déjà posé la question. Mais le mot existe déjà, vous êtes maman, c’est tout. Pourquoi créer un autre mot? Ce serait terrible de vous enlever celui-là. »

img_6034-1Et je pense qu’il a tout simplement raison. Parce que la définition de mère c’est « 1 : femme qui a mis au monde un ou plusieurs enfants, et en deuxième position : qui manifeste des sentiments maternel ». La définition de père, c’est « 1 : homme qui a engendré un ou plusieurs enfants et en 4ème position : qui manifeste des sentiments paternels. »

Donc, je m’interroge, pourquoi on en est venus à ne pas s’autoriser à se nommer mère ou père? Alors oui, parce qu’on serait obligés de raconter notre vie : « Je suis maman d’un enfant qui est décédé à la naissance« , je sais, ça casse un peu l’ambiance dans les soirées. Mais ce  n’est pas que ça. Non, c’est un peu plus compliqué quand même (de la même manière que les parents endeuillés ne sont pas des dépressifs qui manquent de volonté).

Selon Christophe Pons (ethnologue qui étudie notamment les rites du funéraire en Islande) : « De manière universelle aucun deuil n’est possible si l’existant arrivant n’est pas considéré comme appartenant à l’humanité« .

Pour les parents, dès que l’enfant est conçu, il est investi, donc considéré comme appartenant à l’humanité, avant même que d’être né. Pour la société, la question de l’existence de l’individu se pose différemment car un individu a des droits. De la même manière qu’un foetus, doit rester un « non-individu » avant le délai légal permettant l’IVG (fin de la 12ème semaine) pour éviter de donner des arguments aux anti-IVG qui  parleraient du coup, d’infanticide. Donc, ce n’est pas si simple pour la société.

Les parents, pour pouvoir commencer un processus de deuil, ont besoin qu’on leur reconnaissent qu’ils sont en deuil d’un être qui a existé. Ils ne sont pas tristes de la mort d’un concept ou d’une idée abstraite. La société doit aider les parents pour cela et établir un acte de reconnaissance de l’existence de cet « enfant à naître » pour permettre aux parents de se reconnaître parents endeuillés. Cela s’appelle un rite d’engendrement. Ce rite aujourd’hui c’est l’acte de naissance d’un enfant né sans vie, c’est la dation d’un prénom dans le livret de famille et  la possibilité de faire des obsèques.

Pour information, cela ne fait que depuis 2009 que les parents d’un enfant né entre 15 semaines d’aménorrhée et 22 SA peuvent avoir un livret de famille et y inscrire le prénom de leur enfant. En 1993, cela concernait uniquement les parents des enfants nés à partir de 22 SA ou pesant minimum 500gr. Cette reconnaissance de la société est donc très récente.

En Islande, la perception de l’existence de ces enfants est différent. Avant 1995, les bébés morts-nés étaient enterrés officieusement avec des morts adultes pour obtenir leur « protection ». Une cérémonie annuelle a lieu pour célébrer non pas le décès d’une personne mais l’apparition furtive d’une vie, d’un esprit venu de l’ailleurs.

Pour l’anecdote, vous remarquerez que juste avant maman, il y a le mot merdoyer : s’empêtrer dans ses réponses; et que juste avant père, il y a le mot perdurer : durer éternellement.

Car oui, dans cette réalité, toutes les histoires ne se terminent pas toujours bien. Tous les parents ne finissent pas par avoir un enfant en vie et pourtant ils restent des parents.

La télé / la réalité

A la télé, on a euceleste-barber l’impression que je tchatchais (comme on dit dans le Sud) avec une super copine dans son salon (je parle de l’émission 1001vies, pour ceux qui sont passés au travers de cette info). / En vrai, je rencontrais Sophie Davant pour la première fois, et quand je bois un jus avec une copine, personne ne vient me remaquiller, bouger les coussins qui gênent la caméra et en plus, chez les autres, y’a pas une flopée de photos de moi depuis ma naissance.

A la télé, tout le monde a trouvé que je parlais bien, que j’avais l’air super à l’aise, en mode : « tout est sous contrôle ». / En vrai, j’ai beaucoup réfléchis à chaque étape. En amont : Dois-je accepter cette émission? Quelles seront les conséquences pour mon entourage, mon ex-mari, mes enfants, mon conjoint actuel, mes parents, mes amis… Quel est le principal message que je veux donner? Pourquoi j’accepte? Pourquoi je refuse? Pendant l’enregistrement : J’avoue avoir refusé de répondre à une question (et cela a été totalement respecté par l’équipe de rédaction et par la journaliste). Le sujet était assez lourd comme ça pour ne pas avoir à donner des détails voyeuristes. En attendant la fin du montage et le visionnage : J’ai passé 2 semaines d’enfer à me demander si je n’avais pas été trop impudique, si le montage n’allait pas désservir mon message, si mes propos ne seraient mal interprétés…

A la télé, ça parait facile de se relever d’un drame, ça peut même faire de nous quelqu’un d’exceptionnel. Mon amie du blog Un jour Mon fils, l’a noté dans un de ses articles (à lire absolument!) : dans plein de séries et films comme Sense8, Happy Valley, Broen, La couleur des sentiments (…) le personnage le plus intriguant est celui dont le bébé est mort pendant la grossesse ou à la naissance. Le comportement « particulier » du personnage prend sens quand on réalise ce qu’il a vécu. En vrai, comment dire, dans la réalité de la vraie vie privée et professionnelle, les parents qui vivent ce type de deuil, ne sont pas des héros de feuilletons. Et pourtant, ils devraient.

Pour moi, tous les parents qui vivent ce genre d’épreuve et qui parviennent chaque matin à se lever, à continuer de manger, se laver les dents, voir même les cheveux, sont des héros.

Combobme le dit Bob Marley « You never know how strong you are, until being strong is your only choice ».

 

 

 

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Et pour ceux qui aiment voir en photo la différence entre l’image et la réalité, je vous invite à vous abonner au compte instagram de Céleste Barber.