La communauté

Il se crée une communauté qui cherche à aider les parents qui ont connu un deuil périnatal mais aussi à sensibiliser le grand public sur ce sujet.

La magie de l’écriture, c’est qu’elle soigne son auteur et permet parfois aussi de soigner son lecteur. C’est gagnant/gagnant.

C’est donc avec beaucoup d’admiration que je vous présente 3 initiatives de femmes généreuses et sensibles, qui vous proposent des textes inspirants et de qualité :

Un blog inspirant, poétique, riche, celui de Ioulia : Si mon histoire était contée

 

Un blog inspiré de son propre livre témoignage « Résilience »  – que j’ai lu d’une traite, tellement j’en ai apprécié la sincérité –  celui de Dorothée : Vivre jour après jour 

 

 

Un livre en construction , pour lequel j’ai déjà échangé plusieurs fois avec Hélène et qui m’a proposé de faire partie du comité de lecture (trop fière). Je suis tellement impatiente de lire les premières pages! Elle fait un vrai travail de fond en prenant le temps d’interviewer beaucoup de parents et sa démarche est de proposer suffisamment de ressources éprouvées afin que chacun(e) puisse trouver celle qui lui correspondra. En attendant le livre, Hélène poste régulièrement sur sa page Facebook : Helene Gerin Npuveau Livre 

Si vous connaissez d’autres initiatives qui, comme celles-ci sont inspirantes, merci de les partager avec nous dans la partie commentaires 🙂

PS : la première image vient du compte Instagram IHadMiscarriage de Jessica Zucker, je vous invite à y faire un tour aussi!

Publicités

13

photoA 13 ans, j’ai fait mon premier baiser avec la langue et j’ai trouvé ça franchement dégoûtant. J’ai désespéré de ne pas voir pousser mes seins en écoutant ma maman dire à ses amies : »ma fille, c’est comme les églises, elle garde ses saints à l’intérieur ». J’ai eu ma première expérience de plaisir livresque en découvrant les histoires extraordinaires d’Edgar Allan Poe. A 13 ans, j’étais en vie.

Pour tes 13 ans, j’ai beaucoup réfléchi à ton cadeau. Je vais t’offrir ce que j’ai de plus beau en moi et que tu as largement contribué à développer.

Je t’offre l’oubli. L’oubli de ce qui m’a le plus blessé après ton décès, c’est à dire la réaction de mon entourage, qui dans la majorité des cas, était inadaptée. J’ai compris avec le temps que seuls ceux qui ont vécu ce drame sont capables de réaliser. J’ai appris à mieux communiquer pour être en lien avec les autres car nous avons tous en nous un chagrin qui a besoin d’être consolé. J’ai oublié ma colère, j’ai grandi, je me suis élevée.

Je t’offre mon amour, car c’est le seul cadeau qui peut aller jusqu’à toi. Si tu n’existes que dans mon coeur, alors cet amour m’aidera .

13 ans, c’est si loin et ce sera pourtant toujours si proche, si profondément ancré en moi.

Il est possible d’apprendre à vivre avec, il est possible d’accepter ce qui n’a pas de sens, il est possible d’être heureux à nouveau. Ce ne sera pas sans difficulté, ni sans douleur, mais c’est possible.

La fleur est une vraie fleur avant même qu’elle ne soit en bouton

prince« La fleur est une vraie fleur avant même qu’elle ne soit en bouton, l’arbre est un vrai arbre quand il est encore une graine et il sera encore une créature vivante quand il sera très vieux. Est vrai ce qui a en soi la vie. » Clarissa Pinkola Estés 

A présent, arrêtez de vous torturez. Vous êtes une maman, un papa, et le décès de votre enfant n’a pas effacé son existence ou votre réalité de mère ou de père.

Ce qui est vrai est ce que vous savez au fond de vous. Ecoutez votre instinct, c’est lui qui va vous aider à guérir, à revivre. Acceptez vos émotions, toutes. Vous avez la rage? Hurlez de douleur. Vous avez envie de mourir de chagrin? Pleurez toutes les larmes de votre corps, pendant de jours, des semaines s’il le faut. Vous êtes en colère? Peignez un tableau de la couleur de votre colère, dansez votre colère, chantez la. Vous vous sentez seul? Si vous lisez ce texte, voici la preuve que vous ne l’êtes pas. Vous pensez devenir fou? Nous le sommes tous, et je suis la reine en ce royaume.

Votre vie a changé, elle ne sera plus jamais la même et vous non plus. C’est un fait.

Vous allez souffrir, c’est inévitable. Mais vous allez guérir.

Cela prendra du temps, votre temps à vous. Un jour vous allez respirer à nouveau, rire à nouveau, voir les couleurs autrement, entendre la musique d’une nouvelle oreille. La cicatrice sera toujours là, elle vous tirera par périodes, mais elle ne sera plus béante.

Prenez soin de votre douleur, prenez soin de vous.

Prince, j’allais spécialement au Virgin des Champs Elysées pour acheter des versions qu’on ne trouvait nulle part ailleurs… Peu de gens le savent, mais il a eu un fils. Son fils, Gregory est décédé quelques jours après sa naissance. Ca ne le rapproche pas de moi, mais oui, même un  génie peut subir un tel drame sans raison. Il n’y a pas de justice ou de raison divine qui explique pourquoi cela nous arrive. Abandonnez aussi ce terrain, cessez de vous demandez « pourquoi moi? ».

Prince on peut le dire, avait la foi. Avec sa taille, ses tenues improbables torse poils, à base de talons de douze, de coiffures à étage… Et pourtant, pour l’avoir vu en vrai, il dégageait une sexualité animale et n’était absolument pas ridicule, bon c’est sûr il avait le talent. Il ne suivait pas la mode, il créait sa mode. Donc : ayez foi en ce que vous ressentez, vivez le, prenez votre temps, à votre rythme. Vous êtes libres de soigner votre douleur, n’en soyez pas victime.

N’oubliez pas qu’il existe aussi des groupes de paroles si vous ressentez le besoin de partager vos émotions avec des personnes qui peuvent tout entendre.

Pour tous les fous présents sur ce site :

Crazy

I remember when, I remember, I remember when I lost my mind
There was something so pleasant about that place.
Even your emotions had an echo
In so much space

And when you’re out there
Without care,
Yeah, I was out of touch
But it wasn’t because I didn’t know enough
I just knew too much

Does that make me crazy?
Does that make me crazy?
Does that make me crazy?
Possibly

And I hope that you are having the time of your life
But think twice, that’s my only advice

Come on now, who do you, who do you, who do you, who do you think you are,
Ha ha ha bless your soul
You really think you’re in control

Well, I think you’re crazy
I think you’re crazy
I think you’re crazy
Just like me

My heroes had the heart to lose their lives out on a limb
And all I remember is thinking, I want to be like them
Ever since I was little, ever since I was little it looked like fun
And it’s no coincidence I’ve come
And I can die when I’m done

Maybe I’m crazy
Maybe you’re crazy
Maybe we’re crazy
Probably

 

 

Fausses couches à répétition, quand la médecine n’a pas de réponse?

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Quand j’ai accouché de Gabriel, qu’il n’y a pas eu de berceuses à chanter ni de biberons à donner, mais une mort à pleurer, j’ai cru mourir moi aussi. Je n’ose imaginer ce qu’il aurait pu se passer dans ma tête si cela s’était répété plusieurs fois et que les médecins ne trouvaient rien à me donner comme explication.

Peut-être que j’aurais fait comme Célia Foote dans la Couleur des Sentiments, j’aurais complètement déraillé, je me serais teinte en blonde platine pour être sûre de pouvoir garder mon mari en me sentant incapable de lui donner une descendance, tout en buvant de l’alcool à longueur de journée, ou j’aurais essayé toutes les drogues comme Riley dans la série Sense8

J’ai la chance de ne pas savoir.

Je sais qu’il existe d’autres croyances moins cartésiennes. Sans jugement, je vous en présente quelques unes. Je vous préviens, c’est assez déroutant :

Pour les Yorubas , faire des fausses couches à répétition, n’est en rien la faute de la mère, elle n’a pas à porter de culpabilité. Cela a plus à voir avec les esprits, c’est donc indépendant de sa volonté. Les bébés qui meurent à répétition sont appelés des Abikus :

« Le terme abiku est appliqué à la fois à certains esprits qui peuvent venir posséder les enfants, et également aux enfants qui sont habités par ces esprits. Ils encourent un risque vital, celui d’être « rappelés » à la mort. On parle d’abiku dans une famille par exemple, lorsque plusieurs enfants sont morts successivement, on dit alors que c’est le même enfant qui part et qui revient (dans la cosmogonie locale, les enfants sont en fait des ancêtres qui reviennent). Il s’agit pour la famille de pratiquer des traitements traditionnels destinés à éloigner les esprits, à leur faire des offrandes, et à protéger les enfants contre leur retour. De même, si l’enfant abiku meurt, des rites funéraires spéciaux sont à organiser. » (Source Wikipedia)

Et dit de façon plus brutale:

« L’abiku est un enfant démon. Il se loge dans le ventre des femmes, et il naît pour mourir,  inlassablement. Et tant qu’on ne le reconnaît pas pour ce qu’il est – une entité malfaisante, torturante et rebourgeonnante – il revient hanter les espérances » (Source Marie Darrieussecq – Il faut beaucoup aimer les hommes)

Sur des sites un peu plus « ésotérique », comme Le bonheur en lumière j’ai pu lire cela « Les fausses couches sont des passages à l’incarnation. Certaines âmes choisissent ces petits allers et retours pour appréhender la matière avant de faire le grand saut! C’est aussi une façon de préparer énergétiquement la maman, ou tout simplement de faire des libérations énergétiques au niveau du ventre etc. L’incarnation rapide de la fausse couche suffit parfois pour certaines âmes. » lire la suite de l’article ici 

J’y ai aussi lu un témoignage joli et sincère de Mademoiselle Bien-être qui dit ceci « Mes guides m’ont expliqué deux choses principales : la première c’est qu’à chaque fois que je me retrouve dans la matière, je regrette d’être revenue tenter l’expérience. Ce n’est pas à proprement parlé un refus d’incarnation, mais c’est plus une prise de conscience : une fois mon énergie revenue dans un fœtus, dans la matière, je réalise que je ne vais pas y être bien du tout, que cette expérience va être trop difficile….Alors, je subis l’incarnation…..Autant dire que je ne suis en effet pas une Terre d’Accueil sympathique pour une autre âme….C’est aussi ce qui explique que toutes ces fausses-couches ont lieu au même moment de l’année : aux alentours de mon anniversaire, date qui symbolise mon incarnation. Et ce qui explique que je suis moi-même un « bébé fausse-couche » : mes parents ont eu de grandes difficultés à m’avoir, ma maman ayant fait plusieurs fausses-couches avant moi. Je suis d’ailleurs fille unique. » ( lire la suite de l’article ici )

Il me paraît évident que je ne présente pas ces lectures comme étant des vérités ou des contres vérités. Ce sont simplement des perspectives différentes.

N’ayant pas de réponses rationnelles, médicales ou qui aient du sens, je vous propose de vous offrir la liberté de créer votre propre croyance qui vous permette de vivre avec cette immense douleur qu’est la répétition des fausses couches.

Vous n’avez de comptes à rendre à personne. Votre job : apprendre à vivre avec, comme bon vous semble. La vie est trop longue ou trop courte pour se soucier de ce que pensent les autres, vous avez le droit de choisir comment donner du sens à ce qui est insensé.

Pour ma part, je m’offre même la liberté de modifier, le temps passant, quel est le sens du décès de Gabriel. Parfois, je m’autorise à délirer totalement en imaginant le croiser réincarné, parfois, je crois qu’il est en quelque sorte toujours un peu en moi, il est aussi dans les rayons du soleil, dans la brise marine… En fait, je m’en fou, je pense et je crois ce qui me permet de vivre sans lui.

Vous êtes libres de croire ce qui est bon pour vous.

Lu dans L’arbre du pays Toraja de Philippe Claudel :

photoT

 

 

 

et aussi 2 façons très différentes de vivre avec la perte de son bébé : photo

Et si on parlait sexualité?

benAvant le drame, il y a eu le désir. Vous avez rencontré votre conjoint et vous avez eu du désir pour lui/elle. Vous vous êtes plu, tellement plu que vous avez eu envie d’avoir un enfant ensemble, construire une famille. Mais, tout ne s’est pas exactement passé comme prévu.

 

Il faut savoir que le deuil périnatal s’insinue, s’attaque, à toutes les dimensions de la personne. Ce deuil ne va pas rester en surface et toucher uniquement l’affect ou les sentiments, non, ce deuil va tout remettre en perspective. Le couple préparait l’avenir dans lequel il y avait mis tout son amour et toute sa confiance et il est subitement freiné dans son élan vital par la mort de son bébé.

La souffrance va prendre une nouvelle saveur, elle va devenir une amie proche et quotidienne. La solitude, cette garce, va tout faire pour prendre aussi sa place dans votre vie. Toutes ces émotions si douloureuses vont être les plus vigoureuses pour remplir le vide qu’il y a à présent en vous.

Quand on vit un tel deuil, que j’apparente moi même à une balle dans la tête, ou à une bombe à fragmentation dans le psychisme (oui je suis du Sud de la France, je sais), notre affect se retrouve au même stade que celui que l’on avait enfant. Et là, du coup, dans le couple, c’est un peu compliqué.

A priori, vous vous êtes connus adultes, et c’est de l’adulte dont vous êtes tombé amoureux(se). Vous vous attendez à trouver du soutien en lui/elle, vous pensez que personne d’autre ne peut mieux vous comprendre dans ce que vous vivez, dans ce que vous éprouvez.

Bon, inutile de vous dire, vous pourriez être déçus. Parce que même si, pour concevoir un enfant, vous avez « fusionné » – pour souffrir – vous êtes deux personnes différentes, avec deux rythmes différents, deux histoires différentes. Et attention, chose très importante : vous ne devez pas lui en vouloir pour cela. L’autre souffre autant que vous mais différemment. On a tous une façon différente de souffrir son deuil et il n’y en a pas une meilleure que l’autre, il n’y a en vrai, que celle que notre instinct de survie nous dicte.

Maintenant, j’en reviens au sexe. Dans notre instinct de survie, il va y avoir deux écoles:

1/ la pulsion de vie : vous allez tenter de refaire naître la vie et donc, faire l’amour, même parfois beaucoup (la sexualité est un domaine complexe, ça ne veut pas nécessairement dire que votre couple va bien –  désolée).

2/ la fidélité à la douleur : impossible pour vous d’accepter de prendre du plaisir, oublier votre souffrance quelques instants, ce serait comme trahir votre enfant. Il devient alors très difficile de faire l’amour à nouveau.

Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise école, il n’y a que celle que l’on est capable de vivre au jour le jour. Soyez tolérant et bienveillant avec vous-même.

Quelle que soit l’école à laquelle vous appartenez, sachez qu’il ne faut en aucun cas, prendre une décision dans cette période de désorganisation intérieure. Acceptez le temps. 

Je sais, c’est dur, terriblement dur. Alors, n’oubliez pas que vous vous êtes suffisamment aimés pour faire un enfant, devenir parents. Il va falloir maintenant encore plus vous aimer pour prendre le temps de vous soutenir malgré vos différences, vos incompréhensions. Etre parents d’un bébé mort, c’est vraiment pas un projet qu’on souhaite ou même qu’on puisse envisager un instant dans sa vie. Rien ne vous y a préparé. Donc, à nouveau, je vous le répète, soyez indulgent envers vous-même et envers votre bien aimé(e).

Dans un premier temps, le plus dur va être de réussir à mettre des mots sur ce que vous vivez. Difficile de dire ce que l’on ressent, d’expliquer ce que l’on vit, quand on n’arrive toujours pas à le réaliser. Vous pouvez aussi, ne pas avoir envie d’en parler, écrire ou peindre, peut-être un bon moyen d’exprimer vos maux. Vous pouvez aussi vous faire aider d’une tiers personne pour réussir à parler ensemble, ou participer à un groupe de parole.

Dans mon cas, je n’ai pas su entendre sa souffrance. J’ai pris son déni pour du mépris. Nous nous sommes éloignés et nous avons divorcé. Je réalise seulement depuis quelques années à quel point mon ex-mari a été affecté par ce décès. Je le vois dans la manière dont il s’occupe dans notre cadette, le fameux enfant de remplacement. Je ne regrette pas mon divorce, j’ai fait ce que j’ai pu à ce moment-là. Mais sincèrement, rien ne vaut la chaleur d’un foyer dans lequel il n’est pas question de garde alternée ou partagée. Votre couple mérite que vous preniez le temps. Prenez le temps de vous réconcilier avec vous-même, avec ce drame et avec votre amoureux(se).

N’oubliez pas que faire l’amour, c’est vouloir donner du plaisir à l’autre. Avec ce que vous venez de vivre, vous avez besoin d’amour. Faire l’amour, ce n’est pas que « le coït », c’est entourer l’autre de ses bras, lui caresser les cheveux, lui faire une tisane, lui passer sa musique préférée, le/la faire rire pour le/la soulager un peu de son fardeau avec des images idiotes de chatons, le/la laisser pleurer, accepter qu’il/elle ne pleure pas, respecter sa manière de souffrir son deuil…chat

Pour résumer ce long article : Aimez-vous