Reprendre goût à la vie

« Parce que l’on peut agir pour reprendre goût à la vie, petit à petit, en essayant de se faire du bien »

Parce que cela nous force à se poser les bonnes questions, à être honnête avec soi-même.

Parce que rester malheureux ne va pas faire revenir l’être aimé.

Parce que devenir heureux ne nous fera pas l’oublier.

Parce que c’est en agissant que l’on retrouve le monde des vivants.

Je vous montre pas à pas, les petits riens qui m’ont fait du bien (et aussi ceux qui ont lamentablement échoué) : 

– Faire un mur de photos qui vous donnent du baume au coeur : les bons souvenirs, la famille et les amis bienveillants…

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– Cueillir des jolis fleurs et les mettre dans un verre

– Se faire un bon thé dans une jolie tasse

thé

– S’entourer d’images qui nous inspirent

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– Trouver l’huile essentielle qui vous plaît (bon courage!)

-Allumer des bougies juste parce que c’est joli

bougies

-Customiser nos vieux meubles qui nous dépriment avec des couleurs plus… enfin faire de son mieux

-Ecouter la musique qui nous fait du bien

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-Lire des livres qui nous transportent, nous soulagent, nous animent, nous ressemblent…

livres

-Cuisiner pour les gens qu’on aime (en commençant par soi) ou simplement manger du chocolat ou/et notre fruit préféré

groseille

-Trouver des crèmes qui sentent bon et s’en tartiner pour se souvenir qu’on doit prendre soin de soi

-Utiliser ses dix doigts pour créer de belles choses

origami

Ce que j’ai essayé et qui n’a pas marché – du tout :

– Prendre un bain aux huiles essentielles avec des bougies : « je me suis demandé ce que j’attendais, au milieu d’une flaque d’huile puante en voyant mes carreaux plein de moisi (témoin de mon abandon du ménage à ce moment-là) »

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– S’habiller joli : « trop tôt, je pensais encore – s’habiller joli – pour les autres (donc malaise et impression d’être déguisée en jour de l’an pour aller à l’école) »

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– Regarder de bons films : « trop tôt, mauvais choix qui font plus pleurer misérablement qu’autre chose… »

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– Aller me balader dans la forêt : « toute seule, mmmh mauvaise idée, je me suis retrouvée à marcher comme une malheureuse en pleurant et en espérant ne croiser personne. »

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-Investir dans des plantes vertes : « je n’ai pas la main verte du tout, et les voir crever, ça m’a déprimé »

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Evidemment, ce n’est pas une recette miracle de développement personnel. Par contre, c’est mon intime conviction qu’il faut s’autoriser à vivre heureux à nouveau. Et comme plus rien ne compte quand on a perdu son enfant né ou à naître, la vie va revenir dans les détails du quotidien.

Et vous, par quels détails du quotidien avez-vous réussi à reprendre goût à la vie?

 

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12 ans après, c’est comment, honnêtement?

12Honnêtement? Ben, c’est toujours aussi nul de ne pas avoir eu la chance de le voir grandir. Mais, honnêtement, ma vie est beaucoup plus vivante depuis lui.  Parce que la souffrance intolérable que sa mort m’a fait subir, je m’en suis lassée. Je ne me suis pas lassée de lui, oh non, mais de moi, écrasée par la douleur. Avant de pouvoir survivre à ça, vivre malgré ça, je me mentais beaucoup. Je croyais que ce n’était pas grave, qu’il y avait pire, que je n’étais pas si triste. Et puis, j’ai accepté ce que Gabriel m’offrait : n’ayant plus rien à perdre, pourquoi ne pas me regarder en face et vivre vraiment? Devenir honnête.

Ca paraît tellement simple, quand on le lit dans les livres de développement personnel (qui, lorsque l’on est en deuil, sont l’équivalent d’une belle barrette sur des cheveux gras), mais ça ne l’est pas du tout en vrai.

J’ai accepté quand j’ai compris que je ne pleurais pas que sur Gabriel mais aussi sur moi, sur mon rapport à la vie, sur ma valeur en tant que mère, sur ma fragilité, sur un tas de choses. Pour sortir de la souffrance, j’ai dû sacrément me démener pour trouver ce qui pouvait bien me faire plaisir, me donner du plaisir. J’avais oublié que j’y avais encore droit au plaisir. Mes premiers désirs ont été simples : aller à des concerts, prendre le temps de faire du sport… Je me suis surtout autorisée à changer, dans la douleur certes, mais changer et en quelqu’un d’encore plus moi.

Je ne pleure plus lorsque je parle de lui, j’en parle même ouvertement (heureusement en même temps, lorsqu’on a écrit un livre sur le sujet et qu’on s’apprête à créer un groupe de paroles…). Il est ma réalité, « mon premier-né n’a pas vécu », c’est ma réalité mais pas mon identité. Je l’aime pourtant, car mon amour pour lui n’est pas mort. Et comme tous les enfants, il m’a donné tout un arc en ciel de sentiments : colère, frustration, tristesse et joie. Il m’arrive encore de pleurer sur notre histoire. C’est assez rare et je me rends compte avec les années que cela arrive souvent autour de sa date anniversaire et lorsqu’un livre ou un film déclenche en moi un sentiment qui me projette en arrière – lorsque j’ai réalisé que je devrai vivre sans lui. (Donc j’avoue avoir pleuré en finissant le livre « Nos étoiles contraires » de John Green, il y a quelques jours –  avant sa date du 6 Mai).

Pour tous les parents qui me lisent et qui viennent de réaliser qu’ils vont devoir vivre sans lui ou sans elle: « Je n’ai pas de mots magiques ni de pouvoirs magiques (pourtant j’aimerai), mais je vous invite à ne pas vous contenter de survivre mais à aller chercher en vous ce qui vous permettra de vivre à nouveau. Les livres, les citations, la musique, les amis, la famille, le sport, (…) tout cela peut vous aider, mais la clé pour sortir de votre chagrin, c’est vous qui la possédez. »

M’autoriser à être honnête a été pour moi ma meilleure consolation, quelle est / quelle sera la vôtre?

 

Je vais prendre ta douleur

Face à ta douleur, je ne suis rien, je ne suis personne. Je n’ai pas de solution miracle, de potion magique, je ne peux pas prendre ta douleur.

Ce que je peux faire c’est la respecter. Je peux te consoler en respectant ta peine, en l’écoutant, sans la juger et étant témoin que celle-ci est justifiée puisque tu la ressens.

Je ne vais pas te fuir, avoir une fausse réserve, chercher à compenser ou à te distraire. Non, je sais que cela n’a aucun sens, tout comme ce que tu viens d’endurer. Mais je tiens à te rappeler, que non, on ne meurt pas de chagrin. De l’indifférence des autres, peut-être.

Je sais que tu peux avoir envie de te raccrocher à ta douleur, comme pour ne pas oublier. Mais, selon moi, l’amour ne meurt pas et c’est à ça qu’il faut se raccrocher. Facile à dire, hein? Oui, c’est vrai, plus facile à dire, qu’à faire… Je veux au moins te faire rentrer dans la zone où le deuil devient supportable, là où tu commences à réaliser que: « oui, toi, tu es encore en vie, alors ne déçois pas celui/celle qui ne l’est plus, en vivant à moitié – non, vis avec la force et l’énergie de ceux qui connaissent la valeur de la vie ».

Le papier

interieur page de gardeIl y a deux mois, j’ai publié mon livre, en format numérique en pensant qu’en 2015 tout le monde avait une liseuse Ipad ou Kindle. Pour être honnête, je pense que je devais un peu me protéger en voulant voir si plus d’une personne allait s’intéresser à mon livre au sujet si sensible et délicat. Puis, une et deux et vingt personnes m’ont écrit en me demandant expressément un format papier – même celles qui avaient déjà lu le format numérique.

Alors, à nouveau, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai créée l’édition papier. Je dois avouer que lorsque je suis allée chercher les exemplaires de mon livre, j’étais beaucoup plus émue que lorsque je l’ai vu sur la page d’Amazon. Le papier, c’est concret, c’est tangible. On le prend, on le corne, on le souligne, on y revient…

Alors, voilà, vous pouvez à présent l’acheter en format papier sur le site avec la plateforme sécurisée Paypal ou sur Amazon. Je me chargerai de l’emballer avec soin et de vous l’envoyer à bon port.

C’est un beau projet qui m’apporte de belles rencontres et des échanges authentiques comme je les aime. J’espère que mon livre vous plaira, vous touchera, vous rapprochera les uns des autres. On a tous besoin un jour ou l’autre d’être consolé, le tout est d’en avoir conscience.

 

Merci Hans http://www.lamanufacture.net pour avoir su mettre en page mes écrits

Poussière redeviendra poussière

Voici usacred-memory-forest-biodegradable-burial-pod-capsula-mundi-2n article très intéressant sur une nouvelle proposition de « mise en terre ». Pourquoi n’a t’on jamais proposé une alternative au cercueil en bois/carton ou à l’incinération? Voilà chose faite avec le cercueil biodégradable en forme de graine qui utilisera votre corps pour nourrir et voir grandir un arbre, comme un nouveau cycle de vie. Il y a là dedans un côté spirituel qui me plaît bien à vrai dire… Lire l’article ICI