Fausses couches à répétition, quand la médecine n’a pas de réponse?

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Quand j’ai accouché de Gabriel, qu’il n’y a pas eu de berceuses à chanter ni de biberons à donner, mais une mort à pleurer, j’ai cru mourir moi aussi. Je n’ose imaginer ce qu’il aurait pu se passer dans ma tête si cela s’était répété plusieurs fois et que les médecins ne trouvaient rien à me donner comme explication.

Peut-être que j’aurais fait comme Célia Foote dans la Couleur des Sentiments, j’aurais complètement déraillé, je me serais teinte en blonde platine pour être sûre de pouvoir garder mon mari en me sentant incapable de lui donner une descendance, tout en buvant de l’alcool à longueur de journée, ou j’aurais essayé toutes les drogues comme Riley dans la série Sense8

J’ai la chance de ne pas savoir.

Je sais qu’il existe d’autres croyances moins cartésiennes. Sans jugement, je vous en présente quelques unes. Je vous préviens, c’est assez déroutant :

Pour les Yorubas , faire des fausses couches à répétition, n’est en rien la faute de la mère, elle n’a pas à porter de culpabilité. Cela a plus à voir avec les esprits, c’est donc indépendant de sa volonté. Les bébés qui meurent à répétition sont appelés des Abikus :

« Le terme abiku est appliqué à la fois à certains esprits qui peuvent venir posséder les enfants, et également aux enfants qui sont habités par ces esprits. Ils encourent un risque vital, celui d’être « rappelés » à la mort. On parle d’abiku dans une famille par exemple, lorsque plusieurs enfants sont morts successivement, on dit alors que c’est le même enfant qui part et qui revient (dans la cosmogonie locale, les enfants sont en fait des ancêtres qui reviennent). Il s’agit pour la famille de pratiquer des traitements traditionnels destinés à éloigner les esprits, à leur faire des offrandes, et à protéger les enfants contre leur retour. De même, si l’enfant abiku meurt, des rites funéraires spéciaux sont à organiser. » (Source Wikipedia)

Et dit de façon plus brutale:

« L’abiku est un enfant démon. Il se loge dans le ventre des femmes, et il naît pour mourir,  inlassablement. Et tant qu’on ne le reconnaît pas pour ce qu’il est – une entité malfaisante, torturante et rebourgeonnante – il revient hanter les espérances » (Source Marie Darrieussecq – Il faut beaucoup aimer les hommes)

Sur des sites un peu plus « ésotérique », comme Le bonheur en lumière j’ai pu lire cela « Les fausses couches sont des passages à l’incarnation. Certaines âmes choisissent ces petits allers et retours pour appréhender la matière avant de faire le grand saut! C’est aussi une façon de préparer énergétiquement la maman, ou tout simplement de faire des libérations énergétiques au niveau du ventre etc. L’incarnation rapide de la fausse couche suffit parfois pour certaines âmes. » lire la suite de l’article ici 

J’y ai aussi lu un témoignage joli et sincère de Mademoiselle Bien-être qui dit ceci « Mes guides m’ont expliqué deux choses principales : la première c’est qu’à chaque fois que je me retrouve dans la matière, je regrette d’être revenue tenter l’expérience. Ce n’est pas à proprement parlé un refus d’incarnation, mais c’est plus une prise de conscience : une fois mon énergie revenue dans un fœtus, dans la matière, je réalise que je ne vais pas y être bien du tout, que cette expérience va être trop difficile….Alors, je subis l’incarnation…..Autant dire que je ne suis en effet pas une Terre d’Accueil sympathique pour une autre âme….C’est aussi ce qui explique que toutes ces fausses-couches ont lieu au même moment de l’année : aux alentours de mon anniversaire, date qui symbolise mon incarnation. Et ce qui explique que je suis moi-même un « bébé fausse-couche » : mes parents ont eu de grandes difficultés à m’avoir, ma maman ayant fait plusieurs fausses-couches avant moi. Je suis d’ailleurs fille unique. » ( lire la suite de l’article ici )

Il me paraît évident que je ne présente pas ces lectures comme étant des vérités ou des contres vérités. Ce sont simplement des perspectives différentes.

N’ayant pas de réponses rationnelles, médicales ou qui aient du sens, je vous propose de vous offrir la liberté de créer votre propre croyance qui vous permette de vivre avec cette immense douleur qu’est la répétition des fausses couches.

Vous n’avez de comptes à rendre à personne. Votre job : apprendre à vivre avec, comme bon vous semble. La vie est trop longue ou trop courte pour se soucier de ce que pensent les autres, vous avez le droit de choisir comment donner du sens à ce qui est insensé.

Pour ma part, je m’offre même la liberté de modifier, le temps passant, quel est le sens du décès de Gabriel. Parfois, je m’autorise à délirer totalement en imaginant le croiser réincarné, parfois, je crois qu’il est en quelque sorte toujours un peu en moi, il est aussi dans les rayons du soleil, dans la brise marine… En fait, je m’en fou, je pense et je crois ce qui me permet de vivre sans lui.

Vous êtes libres de croire ce qui est bon pour vous.

Lu dans L’arbre du pays Toraja de Philippe Claudel :

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et aussi 2 façons très différentes de vivre avec la perte de son bébé : photo

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Je suis vulnérable

bilibineJusque là, je pensais quêtre vulnérable était une faiblesse. Je pensais qu’il fallait se protéger de sa vulnérabilité. J’avais peur que celle-ci me submerge, j’avais peur de moi, peur de ne pas savoir revenir à la berge, peur de m’y noyer et de retourner dans ma part sombre, dans ma folie.

J’ai écrit un livre. Ce n’est pas juste un livre, c’est un témoignage de mon histoire personnelle sur l’événement le plus traumatique de ma vie. Je l’ai écrit sans fard ni faux semblant.

  1. Première peur à surmonter : la mort de mon premier-né va t’elle devenir mon identité aux yeux des autres? Vais-je être réduite à « ça »? (je sais ça pique les yeux de le lire). Dans les faits, non, ce n’est absolument pas devenu mon identité. C’est devenu un moyen extraordinaire de rentrer en relation avec de nombreuses personnes dépourvues de jugement superficiel. J’ai gagné du temps à me présenter telle que je suis.
  2. J’ai reçu de nombreux messages de remerciements. Deuxième peur à gérer : Ne vont-ils pas trop attendre de mon livre? Ne vais-je pas les décevoir? Vais-je pouvoir aider? Je sais, c’est n’importe quoi. Pourtant, il m’a fallu un bon nombre d’échanges avec mes lecteurs pour comprendre qu’ils n’attendaient pas de moi  « de pouvoirs magiques ». Bah oui, parce que mes lecteurs sont de grandes personnes qui ont leur propre vie et qui ne m’ont pas attendu pour la vivre. Le livre se suffit à lui-même pour aider, il n’y a pas d’attente supplémentaire.
  3. Je vais créer un groupe de parole dans ma région car je pense que c’est un vrai soutien pour aider les parents endeuillés. Dernière peur : Suis-je capable d’entendre les témoignages d’autres parents sans m’effondrer? Ne devrais-je pas me préserver et prendre de la distance face au malheur des parents endeuillés (du fait que j’en ai déjà eu ma part)? Et bien non. Non, la vulnérabilité ce n’est pas mal. C’est ce qui nous rend humain et qui nous permet d’aider les autres. Etre vulnérable, c’est être capable de compassion, de montrer à l’autre que sa douleur est légitime. Ce n’est pas parce que je vais être touchée par l’histoire d’un parent que je vais retourner dans la période la plus sombre de ma vie, où, sur le chemin de mon deuil, je suis passée par une phase délirante. Oui, leur récit peut faire écho, la cicatrice peut se réactiver, mais ce n’est pas dangereux. A nouveau, les parents n’attendront rien de plus de moi. Je leur donnerai ce que je suis en mesure de donner.

Je reviens d’une formation sur l’accompagnement des personnes vivant un deuil périnatal et j’ai eu la chance de rencontrer une psychologue clinicienne de grande qualité. Elle m’a appris plusieurs choses : « Le deuil périnatal a cela de spécifique que l’on gardera toujours en soi une part inconsolable mais on peut apprendre à vivre avec. » « Tant que le traumatisme n’est pas élaboré (mettre des mots dessus), la colère stagnera »…

J’ai aussi compris quelque chose d’essentiel à mes yeux : Je ne suis pas une personne faible. J’ai vécu un évènement traumatique dont l’intensité psychique est telle, que je n’aurai pas pu réagir autrement. En gros, si tu tires une balle dans la tête de quelqu’un, sa réaction ne va pas dépendre de sa personnalité ni de sa fragilité ou de sa force. 

Qui suis-je? Je suis vulnérable mais pas que. Je suis une personne singulière qui a sa propre histoire, donc je suis comme toi, comme vous : une personne singulière qui a sa propre histoire. Et oui : je, toi, nous, sommes tous vulnérables car nous sommes humains, et c’est essentiel.

Formation dispensée par Chantal Papin, psychologue clinicienne et formatrice à la Fédération Européenne Vivre son deuil

Concevoir

concevoirConcevoir : définition (Larousse) / réalité (la mienne)

  • Accomplir l’acte sexuel par lequel sera engendré l’enfant / J’ai conçu un enfant qui n’a pas survécu  
  • Élaborer quelque chose dans son esprit / Alors, dans mon esprit, les plombs ont disjoncté
  • Comprendre, saisir par l’esprit, admettre / J’ai compris, j’ai bien saisi et admis que plus rien ne serait comme avant
  • Se mettre à éprouver un sentiment, en particulier à la suite d’un événement quelconque / Suite à cet évènement, j’ai éprouvé milles sentiments 

Concevoir, c’est fou comme un mot peut être lourd de sens. Je conçois comme la vie peut être une sacrée farceuse (pour ne pas dire une grosse salope), je conçois que le temps a la saveur que l’on veut bien lui donner, je conçois que lorsque l’on a vécu un évènement traumatique (comme la perte d’un enfant né ou à naître par exemple…) on ne conçoit plus. On est face à soi-même, on visite les recoins les plus sombres de son âme et on oublie toutes les définitions du mot concevoir.

laetitia_pola19Je conçois que je ne te connais pas, je ne connais pas ton histoire, ta souffrance, tes peurs; je ne peux pas non plus t’écouter, ni te prendre dans mes bras pour te consoler. Je peux seulement t’inspirer un petit peu et te proposer de penser à cette définition. Si concevoir peut insuffler un peu de vie dans ton quotidien, vas-y. Ca peut-être milles choses : travaux manuels, sport, projets de voyage, écriture d’un recueil de lettres ou de poèmes, retrouver des anciens amis ou cousins, changer de métier…

J’ai conçu ce livre, ce blog, cette page Facebook dans l’espoir d’aider au moins une personne. Je voulais offrir à une personne, ce que j’aurai aimé trouver quand j’ai fait ma fausse couche tardive, quand Gabriel est décédé.

Aujourd’hui, j’ai du mal à concevoir que nous sommes plusieurs centaines, qu’il ne se passe pas une semaine sans qu’une personne ne m’écrive pour me remercier d’avoir trouvé les mots justes, que je vais bientôt devoir lancer une nouvelle impression du livre…

Ma définition personnelle de concevoir, c’est : se tendre la main.

Comment en parler?

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Lorsque cela nous touche, on est souvent sidéré, hébété, le temps s’est arrêté au moment où on a réalisé que plus rien ne sera plus jamais pareil. D’ailleurs le mot « jamais » n’a jamais eu autant de sens. On a perdu le mode d’emploi de la vie. Autour, rien ne change, on respire encore, le soleil brille aussi et les gens vivent leur vie comme si de rien n’était.

On vit en décalage. Personnellement, niveau communication j’ai rapidement choisi l’option des autres « tout va bien, comme si de rien n’était ». J’ai porté un masque et j’ai tout enfoui. J’ai voulu croire à la non gravité de l’évènement : ce n’est qu’une fausse couche, je suis jeune, j’en aurais d’autres, c’est mieux comme ça, dans la nature les bébés non viables sont délaissés par leur mère… J’ai nié mon deuil, totalement. Et ça, je vous le déconseille vivement.

Quand cela m’est arrivé, j’ai essayé d’en parler autour de moi mais j’ai fait beaucoup d’erreurs : en parler au mauvais endroit, en parler au mauvais moment, en parler aux mauvaises personnes. Tout cela peut se résumer en un exemple : j’en ai parlé à une inconnue au jardin d’enfants.

Ce n’est pas facile d’en parler. Parler de la mort ce n’est déjà pas évident mais parler d’un enfant qui n’a pas eu d’existence aux yeux des autres, c’est carrément mission impossible.

La preuve, quand je parlais de mon livre au début, ça donnait ça:

  • « Oh mais c’est super tu as écrit un livre?
  • Ca parle de quoi? »
  • « Du deuil périnatal »
  • = silence radio, visage fermé, communication corporelle de fuite

Comme je suis à présent en paix avec le décès de mon premier né, je n’ai pas mal vécu ces réactions. J’ai surtout réalisé à quel point la fausse couche est encore un tabou et j’ai aussi compris l’importance de la communication.

A présent je présente mon livre autrement:

  • « Oh mais c’est super tu as écrit un livre? Ca parle de quoi?
  • « Ca parle d’un sujet pas très drôle mais qui touche beaucoup de gens et c’est utile, cela parle du deuil périnatal, c’est à dire lorsque l’on perd son enfant quand on est enceinte ou quelques jours après la naissance. Toutes les personnes à qui j’en ai  parlé jusque là ont soit été personnellement touchées ou connaissent quelqu’un dans leur entourage qui a été touché. »
  • « Ah, et pourquoi tu as écrit ça? Tu as connu ça? Tu avais besoin d’extérioriser ta souffrance? »
  • « Oui, mon premier né n’a pas survécu, et non, j’étais déjà en paix avec la mort de Gabriel quand j’ai écris le livre, sinon je n’aurais jamais réussi à l’écrire de cette façon.
  • «  Je connais quelqu’un qui a perdu des jumeaux à 6 mois de grossesse mais je n’ai pas osé lui en parler, j’avais peur de remuer tout ça. »
  • « Oui je comprends, mais au contraire, il faut oser. Tu pouvais aller la voir et dire : « je ne sais pas quoi te dire mais je suis là et je suis désolé, je te présente mes condoléances ». Tout sauf le silence et l’évitement.

De là, souvent s’engage une conversation sur le tabou de la mort, de la fausse couche, de la difficulté à se soutenir et à s’entraider. Des liens sont rapidement tissés et il y a comme un soulagement à avoir été capables de parler d’un sujet essentiel mais tabou.

Comment en parler lorsque l’on n’a pas encore traversé son chemin de deuil, lorsque l’on est encore à fleur de peau, les larmes prêtes à couler (en mode chute du  Niagara – et je sais ce que c’est)

La formule magique : les bonnes personnes, en toute simplicité et sincérité. 

Si on ne dit pas ce que l’on ressent, nos proches ne sont pas toujours capables de réaliser ce que l’on traverse. Il n’y a aucune honte à demander du soutien, souvent l’entourage ne sait pas comment aborder le sujet et n’ose pas en parler en premier. S’ils demandent ce qu’ils peuvent faire, vous avez le droit de demander : « tu peux juste m’écouter ou me laisser pleurer sur ton épaule. »

Après, il ne faut pas en vouloir si la réaction de nos proches n’est pas à la hauteur de nos espérances, ils peuvent eux-même ne pas être au clair dans leur propre rapport à la mort.

Une lectrice m’a dit un jour : « il faudrait faire lire ton livre à tous ceux qui ne l’ont pas vécu pour qu’ils réalisent ». C’est dans la même idée, si vous n’osez pas en parler, soit ils ne réaliseront pas, soit ils n’oseront pas. Vous découvrirez rapidement que vous n’êtes pas seul(e). Et si après cela, vous cherchez une autre écoute, il existe beaucoup d’associations en France qui proposent des groupes de parole. N’hésitez pas à sauter le pas et à tendre la main. Pour information, rien que dans les Alpes Maritimes, il y a 150 décès (mortinatalité – grossesse après 22 semaines) par an.

Nous sommes nombreux(ses) à devoir faire face à cette épreuve que l’on ne souhaite pas même à  notre pire ennemi. Nous avons une culture faite de tabou, de pudeur, voir de sarcasme autour de la mort car nous en avons très peur.

Qui sont les personnes que l’on pleure le plus à un enterrement? Celles qui ont su tisser des liens avec leurs semblables. Revenons à l’humain, acceptons ce que nous dit notre prochain – sans en douter ni le juger.

  • « Je suis tellement malheureuse de ne pas pouvoir voir grandir mon enfant »
  • « Mais tu es jeune, tu en auras d’autres » (=remise en question et déni de la souffrance par manque d’empathie)
  • « Pourquoi tu n’entends pas ce que je viens de te dire? J’en aurais peut-être d’autres mais ce ne sera pas celui-là, tu comprends? » (= rappel de la simple réalité et recherche d’empathie et de soutien)
  • « Oui c’est vrai, pardon, j’ai dit ça parce que j’essayais de te remonter le moral, mais c’est bête. (=retour à la réalité et fin des poncifs)
  • « Non, c’est pas grave, je ne t’en veux pas. Tu sais comment j’allais l’appeler? Tu veux voir les photos? (=partage et soutien)

Parlez-en, n’ayez aucune honte, vous vous aiderez et vous aiderez les autres par la même occasion. D’avance, merci et je pense à vous dans vos futures tentatives de communication et tissage de liens avec nos semblables  🙂

Ce n’est qu’une fausse couche

IMG_1567Ce n’est qu’une fausse couche.

Ca fait mal hein? Ca fait mal de le lire ou de l’entendre n’est ce-pas? Mais qu’est ce qui nous fait mal là dedans?

Est ce le terme « fausse », comme si tout cela n’avait pas existé, que c’était pour du faux. Est-ce le mépris du jugement de l’autre? Comment et qui peut-il bien être pour considérer à ma place que ce n’est que « ça »?

Je vais vous dire moi ce qui fait mal là dedans. Je vais vous dire ce que j’en pense de cette réduction facile qui apparaît au bout de quelques semaines ou quelques mois lorsque les gens veulent absolument que l’on passe à autre chose et que l’on aille de l’avant.

C’est leur peur de se mettre à notre place. Dites vous bien que toutes les personnes qui vont vous dire des propos maladroits ou blessants sont incapables d’imaginer la réalité de notre perte, de notre deuil. Car la majorité des personnes ont un deuil en eux qui n’a pas été totalement fait. Eux aussi ont été sermonnés de « ne pas se laisser aller ». Et pour des deuils auxquels on ne pense pas : leur premier animal de compagnie, une arrière grand-mère peu connue, leurs idées d’une vie réussie…

Oui, ils ont peur car beaucoup ne se sont pas autorisé à pleurer. Beaucoup ne sont que des arbres qu’il suffirait de secouer un peu pour en faire tomber toutes les larmes. Mais ceux-là n’ont pas eu la chance d’avoir une oreille attentive bienveillante qui accueille et respecte leurs émotions.

Alors, maintenant que vous n’avez plus rien à perdre, vous pouvez parler haut et fort et répondre à cela : « Non, ce n’est pas qu’une fausse couche. Pour moi, c’est bien plus que cela. C’est mon enfant que j’aime qui est décédé. Je dois à présent vivre le reste de mes jours sans lui, alors s’il te plaît, respecte ma peine et ne me juge pas. Je prendrai le temps qu’il me faut pour le pleurer, ce qui me permettra d’aller mieux par la suite. Cela m’obligera à tout remettre en question et m’éveillera à plus de tolérance et de sensibilité pour la peine des autres. A ce moment là, tu seras bien content de me trouver pour qu’à mon tour, je sois en mesure d’écouter tes blessures et les deuils que tu n’as pas eu la possibilité de faire. »

Bon, bien sûr, ça, c’est la théorie, en pratique vous pouvez aussi répondre : « Ce n’est que ma main qui va claquer ta joue un peu violemment » ou  « Wouaou, dis moi, toi? Toi, t’as au moins passé une thèse ou un master en poncifs à la con que j’dis quand je sais pas fermer ma grande gueule. » ou  « Oui, c’est une fausse couche si tu veux, c’est le terme que les gens comme toi aiment utiliser pour ne pas réaliser la douleur que c’est de perdre un enfant » et pour les moins bavards : « Et? Y’a écrit quelque part que pour une fausse couche c’est seulement un doliprane et c’est reparti? ».

Non, sans rigoler, ne laissez pas les autres dans leur déni, vous ne méritez pas ça après ce que vous avez vécu. Je suis de tout coeur avec vous.