C’est bien d’avoir quelque chose à dire, c’est mieux de savoir comment et à qui…

D’abord il a fallu s’autoriser à écrire, puis oser le faire lire. Ensuite, demander l’avis des bonnes personnes, corriger, corriger à nouveau, illustrer… Puis faire le grand saut, se mettre à nu, dire haut et fort: « j’ai écrit un livre sur un sujet sensible, tabou et pas forcément drôle ». Là, je croyais que j’avais fait le plus dur, mais non, en fait non.

Le plus dur finalement c’est peut être de savoir comment le présenter et surtout à qui?  Pour le comment, mon ami Hans Reniers  se charge de la mise en image car aujourd’hui on fonctionne à l’image. visuel livre boisQu’est ce qui fait qu’on va cliquer sur un article, sur un blog, sur une page Facebook? C’est l’image, l’image qui fait écho, qui séduit, qui intrigue. La plupart du temps on clique en considérant que l’on adhère ou que l’on veut adhérer à cette image qui résonne et on ne va pas plus loin, on ne lit pas forcément le contenu. Curieux tout de même, alors que nous avons toutes les informations à disposition, on ne lit plus, on « flash », on clique, on zappe, on  google et on approfondit rarement. D’ailleurs combien de personnes auront lu cet article jusqu’au bout?  Qui lit aujourd’hui plus de trois lignes d’affilée sur internet?

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Science fiction & Philospohie

554002_10201396235960831_907234194_nJe lis beaucoup, mais vraiment beaucoup et de tout. Je ne lis pas encore de livres sur la physique quantique ou sur la cuisine, mais je suis sûre que ça ne va pas tarder. Dans tous les cas, je viens de terminer deux livres, un de science fiction et un de philosophie.

Dans le livre de science fiction (qui est très bon, je vous le conseille)

La Ballade de Lila K de Blandine de Callet, est écrit:

LaballadedeLilaKBlandineLeCallet« C’est cela sans doute faire son deuil: accepter que le monde continue, inchangé, alors même qu’un être essentiel à sa marche en a été chassé. Accepter que les lignes restent droites et les couleurs intenses. Accepter l’évidence de sa propre survie. »

 

Dans le livre de philosophie (aussi très bon et accessible) La vie en bleu de Martin Steffens, est écrit:

la vie en bleu« Se laisser faire », l’expression me semble la bonne, et c’est pourquoi je n’aime pas cette autre expression : « faire son deuil ». Elle est impatiente. Un deuil se vit et, contrairement aux fruits du travail humain, n’aboutit à aucun produit fini : quand le deuil, peu à peu, se fait, c’est que la relation à l’être aimé se prolonge, continue à s’écrire, mais qu’au mode mineur de la déchirure se substitue peu à peu le mode majeur des bons souvenirs. Rien n’est fini : tout continu. Or dans cette histoire de notre deuil, ce n’est pas nous qui le faisons, mais lui qui nous fait. La seule chose qu’on doit faire, aux douloureux moments de la perte, c’est ne pas ajouter de mal au mal : ne pas, par exemple, jeter de l’alcool sur la souffrance de la perte. Car alors les blessures se confondront et l’on ne saura plus ce qui est pathologiquement lié à l’alcool et ce qui est tragiquement lié au chagrin. Ne pas ajouter du mal au mal mais pour le reste : laisser faire.

et:

Selon qu’on y consent ou non, l’épreuve est, ou bien ce qui creuse devant nous ce trou qui pourrait bien tout ensevelir, ou bien ce qui creuse en nous l’espace d’un accueil plus grand et généreux de toute l’existence.