Science fiction & Philospohie

554002_10201396235960831_907234194_nJe lis beaucoup, mais vraiment beaucoup et de tout. Je ne lis pas encore de livres sur la physique quantique ou sur la cuisine, mais je suis sûre que ça ne va pas tarder. Dans tous les cas, je viens de terminer deux livres, un de science fiction et un de philosophie.

Dans le livre de science fiction (qui est très bon, je vous le conseille)

La Ballade de Lila K de Blandine de Callet, est écrit:

LaballadedeLilaKBlandineLeCallet« C’est cela sans doute faire son deuil: accepter que le monde continue, inchangé, alors même qu’un être essentiel à sa marche en a été chassé. Accepter que les lignes restent droites et les couleurs intenses. Accepter l’évidence de sa propre survie. »

 

Dans le livre de philosophie (aussi très bon et accessible) La vie en bleu de Martin Steffens, est écrit:

la vie en bleu« Se laisser faire », l’expression me semble la bonne, et c’est pourquoi je n’aime pas cette autre expression : « faire son deuil ». Elle est impatiente. Un deuil se vit et, contrairement aux fruits du travail humain, n’aboutit à aucun produit fini : quand le deuil, peu à peu, se fait, c’est que la relation à l’être aimé se prolonge, continue à s’écrire, mais qu’au mode mineur de la déchirure se substitue peu à peu le mode majeur des bons souvenirs. Rien n’est fini : tout continu. Or dans cette histoire de notre deuil, ce n’est pas nous qui le faisons, mais lui qui nous fait. La seule chose qu’on doit faire, aux douloureux moments de la perte, c’est ne pas ajouter de mal au mal : ne pas, par exemple, jeter de l’alcool sur la souffrance de la perte. Car alors les blessures se confondront et l’on ne saura plus ce qui est pathologiquement lié à l’alcool et ce qui est tragiquement lié au chagrin. Ne pas ajouter du mal au mal mais pour le reste : laisser faire.

et:

Selon qu’on y consent ou non, l’épreuve est, ou bien ce qui creuse devant nous ce trou qui pourrait bien tout ensevelir, ou bien ce qui creuse en nous l’espace d’un accueil plus grand et généreux de toute l’existence.

Publicités

Le hasard n’existe pas!

La médiathèque est ma deuxième maison, qu’on se le dise, celle qui rentabilise au mieux ce genre d’établissement, c’est moi. En moyenne 4 livres par mois, sans compter les BD, livres d’art, magazines, livres pour enfants… Cette semaine, je n’avais que 5 minutes devant moi pour faire le plein, donc j’ai choisi de prendre ce qui était présenté et je suis tombée sur ça:

Lydie – Jordi Lafebre et Zidrou

lydie-tome-1-lydie-one-shot

C’est extraordinaire comme chaque histoire est unique et pourtant universelle. Comme il existe mille et une façon et forme de raconter une histoire. C’est l’histoire de Camille dont le bébé est mort à la naissance et qui est convaincue que son bébé est revenu deux semaines après. Tous ses voisins jouent le jeu, année après année, certains finissent même par douter si cette enfant, Lydie, existe réellement ou non. C’est plein de tendresse, de pudeur et de poésie. Je vous invite à l’acquérir ou à l’emprunter à la médiathèque!

Il est écrit sur la quatrième de couv’: « Mon bébé! Les anges du ciel me l’ont rapporté! Je le savais bien moi, que le bon Dieu ne pouvait pas garder mon petit bébé auprès de lui. La place d’un bébé , c’est contre le coeur de sa maman, pas au paradis. »

Au sujet des soins palliatifs et de la mort…

En tant que bénévole accompagnante en soins palliatifs, j’ai dû suivre une formation initiale d’une année avant d’avoir la possibilité de visiter des personnes grâce à mon association (www.albatros06.fr). Pendant cette année, on suit des cours sur l’écoute active, l’éthique, la loi Léonetti, les rites funéraires selon les différentes religions, la sédation, la démence… Et on doit lire au moins un livre par trimestre lié de près ou de loin à un de ces sujets. Inutile de dire que j’en ai lu beaucoup plus que demandé. Mais je ne vais pas tous les citer ici, je préfère vous donner mon dernier Top 3:

1/ La Mort peut attendre – Maurice Memoun

http://www.albin-michel.fr/La-mort-peut-attendre-EAN=9782226312518

mimoun

J’ai lu beaucoup de livres et je dois dire que celui-là m’a beaucoup plu car c’est un témoignage ancré dans la vraie vie. Cela ne donne pas de leçons, ne juge pas, c’est un récit sincère vu du côté de celui qui donne souvent les mauvaises nouvelles et qui souvent s’interroge sur son rôle de soignant et son pouvoir de vie et de mort sur ses patients. Peut on être complètement neutre? Comment ne pas influencer les patients dans leur choix? C’est toujours intéressant de voir un sujet que l’on connaît sous un autre angle, une autre perspective.

2/ La Révolution de la mort – François Michaud Nérard

révolution de la mort

Celui là est très différent, c’est plutôt informatif mais passionnant. C’est écrit par celui qui dirige la société d’économie mixte des Services funéraires de la Ville de Paris (qu’il a lui-même créée en 1998), il est aussi vice-président de l’Union des professionnels du pôle funéraire public. En gros, il connaît son sujet. Il nous montre la distorsion qui existe dans notre société sur notre rapport à la mort: toutes ces images de morts dans les médias et ce tabou de la mort au quotidien, dans notre intimité. Tout est exposé mais rien n’est mis à nu. Il n’y a plus de rites, de cérémonies, tout doit se faire vite. Le temps du deuil et de l’intériorité n’est plus, le malaise grandit.

3/ Deux petits pas sur le sable mouillé – Anne Dauphine Julliand

http://www.deuxpetitspas.com/crbst_2.html

deux petits pas

J’ai beaucoup aimé ce récit, il est plein d’espoir et de vie. Car oui, parler de la mort peut être plein de vie, d’amour et de joie. Avoir conscience que nous sommes mortels peut nous rendre plus vivant. C’est comme aller rendre visite à des personnes en fin de vie, elles sont encore bien en vie! Plus que certains d’entre nous d’ailleurs car elles ont pleinement conscience de la durée limitée de celle-ci. C’est un récit émouvant, sincère et délicat.