Empathie et indifférence

Il y a quelques jours, j’ai lu cet interview de Malek Chebel (Anthropologue des religions) sur le thème de la consolation face au deuil:

klimt« Notre société est structurée autour de quelques valeurs comme le trop plein, le rapide à tout prix, le beau formel, le bon et le moins bon, mais ne l’est absolument pas sur des valeurs de compassion, d’empathie, de sensibilité ou même d’écoute… Raison pour laquelle des « cellules d’écoute » prolifèrent. Dès qu’il y a un traumatisme, un accident ferroviaire ou une catastrophe aérienne, on met en place des cellules d’écoute, parce que l’écoute n’est pas spontanée et que les rescapés eux-même – qui ne sont pas morts une première fois – risquent d’être tués par l’indifférence des gens. »

Même si cette interview a plus de deux ans, au vu de l’actualité, elle reste – justement – actuelle. Mais comment avoir de l’empathie pour tous, pour tous les évènements dramatiques autour de nous? Que signifie s’indigner cinq minutes en lisant un article, en écoutant la radio, en regardant la tv? C’est souvent se sentir impuissant et triste de cette impuissance. On ne peut pas non plus humainement être indifférent à de telles catastrophes, surtout quand les journalistes font tout pour toucher notre corde sensible.

Alors, que faire? Peut-être, commencer par nous-même (« Charité bien ordonnée commence par soi-même »). Voilà : moins écouter les « infos » et plus écouter les nouvelles de notre entourage – proche. Se rendre disponible, avoir de l’empathie, parfois consoler et ne jamais être indifférent. Et puis croire à la magie des énergies positives et se dire que si chacun fait sa part, on restera humain dans le sens noble du terme. On donnera un peu plus de sens, à cette vie qui parfois n’en a pas…

 

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C’est bien d’avoir quelque chose à dire, c’est mieux de savoir comment et à qui…

D’abord il a fallu s’autoriser à écrire, puis oser le faire lire. Ensuite, demander l’avis des bonnes personnes, corriger, corriger à nouveau, illustrer… Puis faire le grand saut, se mettre à nu, dire haut et fort: « j’ai écrit un livre sur un sujet sensible, tabou et pas forcément drôle ». Là, je croyais que j’avais fait le plus dur, mais non, en fait non.

Le plus dur finalement c’est peut être de savoir comment le présenter et surtout à qui?  Pour le comment, mon ami Hans Reniers  se charge de la mise en image car aujourd’hui on fonctionne à l’image. visuel livre boisQu’est ce qui fait qu’on va cliquer sur un article, sur un blog, sur une page Facebook? C’est l’image, l’image qui fait écho, qui séduit, qui intrigue. La plupart du temps on clique en considérant que l’on adhère ou que l’on veut adhérer à cette image qui résonne et on ne va pas plus loin, on ne lit pas forcément le contenu. Curieux tout de même, alors que nous avons toutes les informations à disposition, on ne lit plus, on « flash », on clique, on zappe, on  google et on approfondit rarement. D’ailleurs combien de personnes auront lu cet article jusqu’au bout?  Qui lit aujourd’hui plus de trois lignes d’affilée sur internet?