Comment présenter mon livre sans que mon interlocuteur fasse cette tête là :

The_ScreamJusque là, les gens faisaient cette tête là :/ lorsque je leur disais que j’étais accompagnante en soins palliatifs. Je lisais dans leurs yeux: bon ben on va pas trop rigoler là…

Maintenant un nouveau défi s’offre à moi: comment présenter mon livre? Au début, ça commence très bien, un peu comme ça : « Cette année, c’est mon année, j’ai décidé de faire ce que j’ai toujours voulu faire, j’ai écris un livre et je vais le publier. » Ce qui donne comme réaction: « Wouaaa c’est génial, ça parle de quoi? » Et là, j’ai pas encore trouvé la bonne réponse qui évite cette tête là 😦

Je réponds : « c’est un témoignage qui parle de la mort et plus précisément de la mort périnatal et de la possibilité de faire le deuil et de bien vivre à nouveau ». Ce qui est un bon résumé, mais vraisemblablement un peu trop directement dans le vif du sujet. Pourtant mon livre traite justement de ça, de la difficulté qui existe aujourd’hui de parler de la mort. Un réel tabou reste autour du deuil, ce qui crée un vrai isolement pour les personnes concernées.  Mais, ce n’est pas en évitant d’en parler que l’on va s’épargner. Au contraire, c’est uniquement lorsque la parole est libérée que la vie peut circuler à nouveau. 

C’est peut être ça la bonne idée, présenter mon livre comme un moyen de libérer la parole autour du deuil et de faire circuler la vie. Donc mon livre parle de mort, de libération et de vie. Mais oui, il parle bien de la mort.

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Au sujet des soins palliatifs et de la mort…

En tant que bénévole accompagnante en soins palliatifs, j’ai dû suivre une formation initiale d’une année avant d’avoir la possibilité de visiter des personnes grâce à mon association (www.albatros06.fr). Pendant cette année, on suit des cours sur l’écoute active, l’éthique, la loi Léonetti, les rites funéraires selon les différentes religions, la sédation, la démence… Et on doit lire au moins un livre par trimestre lié de près ou de loin à un de ces sujets. Inutile de dire que j’en ai lu beaucoup plus que demandé. Mais je ne vais pas tous les citer ici, je préfère vous donner mon dernier Top 3:

1/ La Mort peut attendre – Maurice Memoun

http://www.albin-michel.fr/La-mort-peut-attendre-EAN=9782226312518

mimoun

J’ai lu beaucoup de livres et je dois dire que celui-là m’a beaucoup plu car c’est un témoignage ancré dans la vraie vie. Cela ne donne pas de leçons, ne juge pas, c’est un récit sincère vu du côté de celui qui donne souvent les mauvaises nouvelles et qui souvent s’interroge sur son rôle de soignant et son pouvoir de vie et de mort sur ses patients. Peut on être complètement neutre? Comment ne pas influencer les patients dans leur choix? C’est toujours intéressant de voir un sujet que l’on connaît sous un autre angle, une autre perspective.

2/ La Révolution de la mort – François Michaud Nérard

révolution de la mort

Celui là est très différent, c’est plutôt informatif mais passionnant. C’est écrit par celui qui dirige la société d’économie mixte des Services funéraires de la Ville de Paris (qu’il a lui-même créée en 1998), il est aussi vice-président de l’Union des professionnels du pôle funéraire public. En gros, il connaît son sujet. Il nous montre la distorsion qui existe dans notre société sur notre rapport à la mort: toutes ces images de morts dans les médias et ce tabou de la mort au quotidien, dans notre intimité. Tout est exposé mais rien n’est mis à nu. Il n’y a plus de rites, de cérémonies, tout doit se faire vite. Le temps du deuil et de l’intériorité n’est plus, le malaise grandit.

3/ Deux petits pas sur le sable mouillé – Anne Dauphine Julliand

http://www.deuxpetitspas.com/crbst_2.html

deux petits pas

J’ai beaucoup aimé ce récit, il est plein d’espoir et de vie. Car oui, parler de la mort peut être plein de vie, d’amour et de joie. Avoir conscience que nous sommes mortels peut nous rendre plus vivant. C’est comme aller rendre visite à des personnes en fin de vie, elles sont encore bien en vie! Plus que certains d’entre nous d’ailleurs car elles ont pleinement conscience de la durée limitée de celle-ci. C’est un récit émouvant, sincère et délicat.

Allez, c’est le grand saut!

« Tout oeuvre digne de ce nom, un poème, une musique, une peinture, une sculpture, tente de transformer la solitude en ouverture, la souffrance en communion, les cris d’appel en chant, chant qui raisonne par delà les abîmes creusées par la séparation et la mort. » François Cheng

Moi aussi, je tente! Je ne sais pas si c’est une oeuvre, mais je l’ai écrit avec le coeur et la sincérité.

plongeon

Le livre est à présent disponible sur Itunes et Amazon, en cliquant ici  et  ou en allant dans la page acheter le livre