Comment présenter mon livre sans que mon interlocuteur fasse cette tête là :

The_ScreamJusque là, les gens faisaient cette tête là :/ lorsque je leur disais que j’étais accompagnante en soins palliatifs. Je lisais dans leurs yeux: bon ben on va pas trop rigoler là…

Maintenant un nouveau défi s’offre à moi: comment présenter mon livre? Au début, ça commence très bien, un peu comme ça : « Cette année, c’est mon année, j’ai décidé de faire ce que j’ai toujours voulu faire, j’ai écris un livre et je vais le publier. » Ce qui donne comme réaction: « Wouaaa c’est génial, ça parle de quoi? » Et là, j’ai pas encore trouvé la bonne réponse qui évite cette tête là 😦

Je réponds : « c’est un témoignage qui parle de la mort et plus précisément de la mort périnatal et de la possibilité de faire le deuil et de bien vivre à nouveau ». Ce qui est un bon résumé, mais vraisemblablement un peu trop directement dans le vif du sujet. Pourtant mon livre traite justement de ça, de la difficulté qui existe aujourd’hui de parler de la mort. Un réel tabou reste autour du deuil, ce qui crée un vrai isolement pour les personnes concernées.  Mais, ce n’est pas en évitant d’en parler que l’on va s’épargner. Au contraire, c’est uniquement lorsque la parole est libérée que la vie peut circuler à nouveau. 

C’est peut être ça la bonne idée, présenter mon livre comme un moyen de libérer la parole autour du deuil et de faire circuler la vie. Donc mon livre parle de mort, de libération et de vie. Mais oui, il parle bien de la mort.

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Science fiction & Philospohie

554002_10201396235960831_907234194_nJe lis beaucoup, mais vraiment beaucoup et de tout. Je ne lis pas encore de livres sur la physique quantique ou sur la cuisine, mais je suis sûre que ça ne va pas tarder. Dans tous les cas, je viens de terminer deux livres, un de science fiction et un de philosophie.

Dans le livre de science fiction (qui est très bon, je vous le conseille)

La Ballade de Lila K de Blandine de Callet, est écrit:

LaballadedeLilaKBlandineLeCallet« C’est cela sans doute faire son deuil: accepter que le monde continue, inchangé, alors même qu’un être essentiel à sa marche en a été chassé. Accepter que les lignes restent droites et les couleurs intenses. Accepter l’évidence de sa propre survie. »

 

Dans le livre de philosophie (aussi très bon et accessible) La vie en bleu de Martin Steffens, est écrit:

la vie en bleu« Se laisser faire », l’expression me semble la bonne, et c’est pourquoi je n’aime pas cette autre expression : « faire son deuil ». Elle est impatiente. Un deuil se vit et, contrairement aux fruits du travail humain, n’aboutit à aucun produit fini : quand le deuil, peu à peu, se fait, c’est que la relation à l’être aimé se prolonge, continue à s’écrire, mais qu’au mode mineur de la déchirure se substitue peu à peu le mode majeur des bons souvenirs. Rien n’est fini : tout continu. Or dans cette histoire de notre deuil, ce n’est pas nous qui le faisons, mais lui qui nous fait. La seule chose qu’on doit faire, aux douloureux moments de la perte, c’est ne pas ajouter de mal au mal : ne pas, par exemple, jeter de l’alcool sur la souffrance de la perte. Car alors les blessures se confondront et l’on ne saura plus ce qui est pathologiquement lié à l’alcool et ce qui est tragiquement lié au chagrin. Ne pas ajouter du mal au mal mais pour le reste : laisser faire.

et:

Selon qu’on y consent ou non, l’épreuve est, ou bien ce qui creuse devant nous ce trou qui pourrait bien tout ensevelir, ou bien ce qui creuse en nous l’espace d’un accueil plus grand et généreux de toute l’existence.

Bientôt, à paraître

D’ici quelques semaines, ou quelques jours, mon livre sera disponible à la vente sur Itunes et sur Amazon. Quelle aventure depuis ce réveil où je me suis dit: « Il faut que j’écrive, je suis prête », à : « n’ai pas peur, tu as été sincère, c’est l’essentiel ».

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Les planètes se sont alignées, les mots se sont écrits, les amis m’ont lu, corrigé, soutenu, aidé.

Vous allez bientôt pouvoir lire mon témoignage sur le déni de deuil. Pour ma part, ce fut un deuil périnatal qu’il a fallu accomplir. Je l’ai dabord nié moi-même ce deuil, puis je n’ai plus réussi à porter le masque de la bienséance. J’ai du reprendre le chemin du deuil pour revenir à la vie. Aujourd’hui, la réalité n’a pas changé, mon premier né n’est pas revenu à la vie, il est bien mort il y a plus de dix ans; mais je sais vivre avec cette réalité. Cela change tout. Je vis en pleine conscience et gratitude chaque jour qui passe. Je sais accepter ma part d’ombre pour que la lumière se fasse. Je souhaite que mon livre permette à chacun de trouver sa voie vers le deuil qu’il n’a pas accompli ou qu’il lui permette de soutenir un être proche endeuillé.

Je déconseille ce livre aux femmes enceintes car je l’ai voulu vrai et physique. D’ailleurs, les retours que j’ai le plus eu à ce jour de la part de mes lecteurs est: « percutant », « coup de poing », « époustouflant »… Donc, qui que vous soyez, ce livre ne devrait pas vous laisser indifférent!

« Seul celui qui a connu les ténèbres connaît et apprécie la lumière ». Stephen Lawhead